8 mars 2026 • Chronique satirique

Cybersauveurs ou Cyber-escrocs ? Le Grand Bluff de « Hackers Sans Frontières »

Hacker Sans Frontières

Il y a ceux qui soignent les corps, et il y a ceux qui soignent leur image. Dans la famille « Sans Frontières », après les médecins et les reporters, voici les « Pieds Nickelés du binaire ». Portée par le duo SaxX et Florent Curtet, l’ONG HSF semble avoir confondu la charité chrétienne avec le blanchiment de réputation. Entre condamnations judiciaires passées sous silence et ego boursouflé, autopsie d’un mirage numérique.

Dans le petit monde de la cybersécurité, on connaissait le « White Hat » (le gentil) et le « Black Hat » (le méchant). Grâce à SaxX et Florent Curtet, on découvre une nouvelle catégorie : le « MaisW Hat ». Un accessoire indispensable pour quiconque souhaite transformer une intrusion informatique en acte de résistance humanitaire, avec option passage au JT de 20h.

L’onction du nom, le poison de l’ego

Le coup de génie marketing tient dans le titre : « Hackers Sans Frontières ». En s’appropriant le label, l’association s’offre une respectabilité immédiate sur un plateau d'argent. On imagine déjà des 0 days envoyées par parachute au-dessus des zones de conflit. La réalité est plus terre-à-terre : il s’agit surtout de saturer les réseaux sociaux à coups de « threads » auto-congratulateurs et de s’ériger en rempart ultime contre le chaos, alors que la communauté cyber, la vraie, travaille dans l'ombre et la discrétion.

Le « syndrome du sauveur » n'est plus ici une pathologie, c'est un business model. Pour exister, HSF doit convaincre que sans eux, les entreprises s'effondrent. Un narcissisme de clavier qui ferait presque oublier que l'éthique, en hacking, ne s'autoproclame pas : elle se prouve.

Un casier judiciaire en guise de CV

Mais là où la farce devient grinçante, c’est quand on gratte le vernis de cette « faillite éthique ». Le CV de Florent Curtet, par exemple, brille moins par ses médailles humanitaires que par ses rendez-vous avec les magistrats.

Condamné pour escroquerie et accès frauduleux à des systèmes de données, notre « hacker au grand cœur » a un passé de pirate de caniveau que la communication de l'ONG tente désespérément d'effacer sous des couches de bons sentiments. Difficile de jouer les vigiles de la moralité quand on a soi-même forcé la caisse par le passé. Chez HSF, on ne fait pas de la cybersécurité, on fait de la rédemption médiatique.

L’éthique ? Erreur 404

Le Collectif Transparence Éthique Cyber ne s'y est pas trompé : derrière les grandes déclarations, c'est le vide sidéral. Opacité des fonds, récupération médiatique pour s'en attribuer le mérite, et une fâcheuse tendance à se mettre en scène avant de sécuriser les victimes.

Leur méthode ?

En somme, Hackers Sans Frontières, c’est un peu comme si un pickpocket repenti ouvrait une école de morale financière sans avoir rendu le portefeuille. On attend avec impatience leur prochaine opération : « Escrocs Sans Frontières » pour nous expliquer comment blanchir ses revenus de Bug Bounty obtenus en programme privés ?